Compositeur, fondateur d'une structure de production de théâtre musical et de concert, crWth, où il met en scène des spectacles, François Sarhan est un artiste touche à tout génial et ingénieux, en résidence cette année à la Scène nationale d’Orléans. Il s'auto-édite (fsarhan.net) et participe à de nombreuses manifestations pluridisciplinaires, pour la danse, le théâtre.
L’Encyclopédie du Professeur Glaçon
Émule contemporain des folles explorations culturelles du mouvement Dada du début du XXéme siècle, tout autant qu’éminent vulgarisateur des bienfaits de la Théorie du chaos, François Sarhan, musicien expert toutes catégories, est le deus ex machina qui œuvre à la conception des fameuses Leçons du professeur Glaçon.
Destinées à un partage du savoir hors des institutions spécialisées et des cercles d’initiés, ces conférences spectacles s’emparent d’un choix de sujets d’études pour le moins original en les illustrant et les commentant dans un environnement de musique live et de photomontages qui évoquent les estampes encyclopédiques.
Le professeur Glaçon et son porte-parole François Sarhan font de leur sacerdoce humoristique le combat d’une nécessaire pédagogie du risque.
A King, Lear
Opéra de chambre d’apres le texte de Shakespeare, adapté et contracté par Jacques Roubaud.
Un drame de plus !
À partir d’une contraction de la célèbre pièce de Shakespeare, réalisée par Jacques Roubaud, voici un opéra de chambre, A King, Lear. Il emprunte à l’opéra le goût pour les situations tragiques chantées avec distinction, au théâtre musical l’ouverture vers une vocalité lyrique ou parlée, avec tous ses intermédiaires, à la danse l’importance de la construction dans l’espace, et pour le reste, c’est une manière de faire vivre une nouvelle fois ce drame dans une forme nouvelle.
Conception, mise en scène, musique, vidéo François Sarhan
avec
danse, voix Johanne Saunier, Julie Verbinnen
musiciens Quatuor Diotima
voix Vox
percussions Bernat Miquel
scénographie, lumieres Jim Clayburgh
chorégraphie Johanne Saunier
collages, textes additionnels François Sarhan
Production la Scene nationale d'Orléans
Coproduction Metz en Scene / Arsenal - Arts 276/ Automne en Normandie - Vara Konserthus, Suede, en partenariat avec le Centre chorégraphique national du Havre Haute-Normandie
Les Champs magnétiques de Jan Svankmajer
Ciné-concert d’après l’œuvre du grand maître tchèque d’animation. Création à Prague au printemps 2011.
Argument
Loin du marché de l’art, de l’industrie du cinéma, Jan Švankmajer construit depuis 40 ans une œuvre unique qui s’appuie largement sur le surréalisme « sarcarstique » tel que le pratiquent spécifiquement depuis 1934 les surréalistes pragois en se livrant à cette « irrationalité concrète » qui allie connaissance philosophique et expérience existentielle de l’absurdité. De fait, parce qu’ils font coexister l’ordinaire et le miraculeux, parce qu’ils excavent les totems et tabous les plus fondamentaux – angoisse, dévoration, enfermement, érotisme – les textes, collages, œuvres tactiles, sculptures et les films de Jan Švankmajer possèdent bien une puissance universelle.
C’est probablement dans ces films « d’animation » que cette puissance se donne le plus à ressentir, immédiatement et physiquement. En subvertissant le principe de causalité, en réanimant magiquement les objets selon leur réalité propre et hors de tout utilitarisme, en distordant l’espace-temps, Jan Švankmajer déploie bien dans ses films un véritable « espace magnétique » où le spectateur, dérouté, apeuré, traumatisé, fasciné, assiste à la rémanence inexorable de ses obsessions intimes.
Cette expérience émotive que donne à vivre chaque projection d’un film de Jan Švankmajer, il convenait en quelque sorte in vivo de démultiplier ses métamorphoses, de matérialiser pleinement la synesthésie toujours revendiquée par Švankmajer et d’élargir à tout l’espace entourant l’écran les résonnances de ce magnétisme à l’œuvre dans les images…
UN SPECTACLE (presque) TOTAL
Pour donner corps à ces ambitions artistiques, Les champs magnétiques de Švankmajer doivent donc être plus qu’un ciné-concert, autre chose qu’une performance ou une installation visuelle et sonore – un spectacle simplement, le plus total possible, conjuguant sons, images, narrations, chants, textes, improvisations, couleurs, atmosphères...